Comment se servir de Dilo pour se concentrer vraiment
Se concentrer n'est pas un trait de caractère : c'est une situation. Elle se produit quand tu sais ce que tu fais, combien de temps ça va durer et ce qui se passe à la fin. Cet article explique comment monter cette situation avec des blocs, et quoi faire quand elle se casse.
Un bloc, une chose
C'est la seule règle non négociable, et celle que presque tout le monde casse.
Un bloc qui dit « travail » ou « réviser » ne protège rien, parce qu'à l'intérieur tu dois encore décider ce que tu fais. Et décider est exactement le contraire de se concentrer : c'est ouvrir quatre onglets, regarder ses mails « une seconde », et relever la tête quarante minutes plus tard.
Le test pour savoir si un bloc est bien écrit : en lisant le titre, tu sais s'il est déjà fait ou non.
| Bloc qui ne protège rien | Bloc qui protège |
|---|---|
| Réviser | Revoir le chapitre 4 et faire les exercices impairs |
| Travail | Écrire l'introduction de la proposition |
| Maison | Lancer la machine et étendre le linge |
| Me remettre à jour | Répondre aux mails de cette semaine |
| Nouveau projet | Faire la liste de ce qu'il faut pour commencer |
Regarde le dernier : quand une tâche est trop grosse pour tenir dans un bloc, le bloc n'est pas la tâche — c'est décider quelle est la tâche. Ça aussi c'est une chose concrète, et ça se planifie.
demain de 9h à 9h30, décider les étapes du nouveau projetCombien de temps doit durer un bloc
Il y a deux erreurs symétriques et toutes les deux tuent la concentration.
Les blocs de trois heures. Tu ne tiens pas trois heures, personne ne tient trois heures, et tu le sais pendant que tu le planifies. Un bloc auquel tu ne crois pas devient un bloc où tu ouvres ton téléphone au bout de vingt minutes sous prétexte qu'« il reste plein de temps ». Et quand arrive la clôture et qu'il faut répondre ce qui s'est passé, la réponse est gênante.
Les blocs de dix minutes pour tout. L'autre extrême échoue aussi : certaines tâches demandent quinze minutes rien que pour démarrer — ouvrir le document, se rappeler où on en était, reprendre le fil — et un bloc de dix minutes passe tout son temps à démarrer sans rien produire.
| Type de travail | Durée qui marche | Pourquoi |
|---|---|---|
| Concentration profonde (écrire, réviser, coder) | 60–90 min | Assez pour démarrer et produire sans atteindre l'épuisement |
| Travail mécanique (relire, ranger, remplir) | 30–45 min | Pas de démarrage nécessaire, mais l'ennui arrive vite |
| Administratif groupé (mails, appels, courses) | 30 min | Ça s'étend jusqu'à remplir ce qu'on lui donne : il faut le borner |
| Ce que tu évites depuis des semaines | 15 min | Quinze minutes ne font pas peur. Une heure, si — et c'est pour ça que tu évites |
| Une vraie pause | 15–20 min | Assez pour décrocher, assez court pour ne pas perdre le fil |
Si une tâche demande trois heures, ne fais pas un bloc de trois heures : fais-en deux de quatre-vingt-dix minutes avec un vrai creux au milieu. En closant chacun tu as un point de contrôle, et si le premier a mal tourné tu peux repenser le second au lieu de traîner le naufrage.
La règle du premier bloc
Le premier bloc de la journée décide du reste de la journée, et pas par magie : par ce qu'il fait à ton attention.
Si le premier bloc c'est « regarder les mails », tu livres la première heure — la meilleure — aux priorités des autres, et en plus tu entres en mode réactif, dont il est très difficile de sortir. Quand tu t'assieds enfin à ce qui est à toi, tu as déjà passé quarante minutes à répondre à des choses et ta tête est à douze endroits.
La règle
Le premier bloc de la journée est à toi et il n'est pas réactif. Pas de mails, pas de messages, pas de « voir où en sont les choses ». Une seule chose que tu as choisie la veille, quand rien ne pressait.
Si ton travail ne le permet pas parce qu'il y a de vraies urgences au réveil, alors ton bloc passe juste après la première salve, et il se planifie avec le même sérieux qu'une réunion. Un bloc sans heure ne survit pas à une journée chargée.
demain de 8h30 à 10h, écrire le chapitre 3 demain de 10h à 10h30, mails et messagesRegarde l'ordre. Ce n'est pas un détail esthétique : c'est la différence entre une journée que tu diriges et une journée qui te dirige.
Quoi faire des interruptions
Les interruptions ne s'évitent pas. Elles se classent, et il y en a exactement trois sortes.
1. Il te vient une idée
Tu es en train d'écrire et d'un coup : « il faut que je renouvelle l'assurance ». C'est l'interruption la plus fréquente et la plus traître, parce qu'elle a l'air productive. Si tu la poursuis, tu perds le bloc ; si tu l'ignores, elle revient toutes les quatre minutes.
La sortie, c'est de la faire sortir de ta tête en lui donnant une heure, ce qui prend quatre secondes :
demain à 17h renouveler l'assuranceEt tu reviens. L'important n'est pas de la noter : c'est qu'elle a maintenant une place, et c'est pour ça qu'elle cesse de revenir. C'est expliqué à fond dans les tâches qui t'écrasent.
2. Quelqu'un t'interrompt
Si ça peut attendre, ça va au bloc d'administratif : « là je suis sur autre chose, je regarde à seize heures ». Avoir un bloc d'administratif déjà planifié rend cette phrase bien plus facile à dire, parce que tu ne dis pas « non », tu dis « à seize heures ».
Si ça ne peut pas attendre, ce n'est pas grave : quand le bloc se termine, replanifie-le au prochain creux libre. Une pression, rien de cassé.
3. Tu t'interromps toi-même
La plus courante et la seule qui soit vraiment un problème. Tu ouvres ton téléphone sans raison, tu dérives dans un onglet, et tu es dehors. Ici la seule chose qui marche vraiment, c'est que le bloc soit court et écrit avec une tâche concrète : il est bien plus difficile de s'échapper de « faire les exercices impairs du chapitre 4 jusqu'à 10h » que de « réviser ».
Et si tu t'échappes quand même, la clôture du bloc l'enregistrera. Ce n'est pas une punition : c'est comme ça que tu découvres, en deux semaines, que tes évasions ont un horaire fixe.
Quand tu n'arrives pas à démarrer
Certains jours le bloc arrive, tu le vois, et rien ne démarre. Trois astuces qui marchent vraiment, de la plus légère à la plus radicale :
- Fais le bloc plus petit, pas plus grand Si « écrire le rapport » te paralyse, le problème c'est la taille. Replanifie-en un de quinze minutes avec un objectif ridiculement petit : « écrire le titre et les quatre parties ». Ridicule est le mot-clé : si ça ne te paraît pas ridicule, c'est encore trop gros.
- Planifie le premier geste physique Pas « réviser », mais « ouvrir le livre page 120 et lire deux paragraphes ». Presque toute la résistance vit dans le démarrage ; une fois dedans, continuer est facile.
- Annule-le exprès Si aujourd'hui n'est pas le jour, annule-le avec le bouton, ne le laisse pas mourir. Ça a l'air pareil et ça ne l'est pas : annuler clôt l'affaire, te libère de la culpabilité de fond et — c'est ça l'important — laisse une trace. Trois annulations de la même tâche ne sont pas trois échecs : c'est un signal que cette tâche est mal formulée, mal dimensionnée ou mal placée dans la journée.
La fin du bloc compte aussi
Presque tout le monde soigne le début de ses blocs et personne la fin. Et la fin, c'est là qu'on perd la concentration du bloc suivant.
Quand un bloc se termine, Dilo se met devant toi et demande ce qui s'est passé. Ce moment de dix secondes fait trois choses à la fois :
- Il coupe. Il te sort de la tâche explicitement, au lieu de la laisser saigner jusqu'au bloc suivant.
- Il enregistre. Il transforme ce qui s'est passé en donnée, pendant que tu t'en souviens. Un bilan à onze heures du soir, c'est déjà de la fiction.
- Il décide. Si tu n'as pas fini, tu décides sur place si ça part au prochain creux ou si ça s'annule. Rien ne reste dans les limbes, et les limbes sont ce qui fait abandonner les agendas.
Un petit conseil à gros effet : clos le bloc avant de regarder ton téléphone. Si tu regardes d'abord, tu ne le closras pas.
Trouve ta bonne tranche
Tout le monde croit savoir à quelle heure il est le plus efficace et presque tout le monde se trompe, parce que ce dont tu te souviens, ce sont les jours exceptionnels, pas la moyenne.
Les statistiques de Dilo répartissent tes blocs par tranches de la journée et t'affichent le taux de réalisation de chacune. Après deux semaines de clôtures, ce tableau dit des choses gênantes et très utiles : que tu tiens 80 % en début de matinée et 30 % après le déjeuner, par exemple.
Ce qu'on fait de cette information est simple : la chose importante déménage vers ta meilleure tranche, et ta pire tranche reçoit du travail mécanique. Ne lutte pas contre ta pire tranche en lui donnant les tâches difficiles ; tu as déjà perdu ce combat de nombreuses fois.
Il y a un article entier sur comment lire ces chiffres sans t'en servir pour te punir : prévu face au réel.
Résumé en un tableau
| Situation | Quoi faire |
|---|---|
| Je ne sais pas quoi mettre dans le bloc | Le bloc, c'est « décider ce qu'il y a à faire ». Une demi-heure |
| La tâche est énorme | Coupe-la en deux blocs de 90 minutes avec un vrai creux au milieu |
| Je l'évite depuis des semaines | Quinze minutes, pas une heure |
| Une autre idée me vient au milieu | Donne-lui une heure en quatre secondes et reviens |
| On m'interrompt | « Je regarde à seize heures » — parce que tu as un bloc d'administratif |
| Je n'arrive pas à démarrer | Replanifie-en un ridiculement petit, ou annule exprès |
| J'ai fini plus tôt | Clos-le tout de suite. Le creux qui s'ouvre est à toi |
| Je n'ai pas fini | Replanifie au prochain creux libre. Une pression |
| Je tiens peu l'après-midi | Déplace l'important vers ta meilleure tranche et laisse le mécanique là |
Sans inscription. Les 20 premières tâches sont gratuites.